Mes Loisirs

« Plus sa tête mais tout son cœur… »

Dans son ouvrage court et percutant « Alzheimer, accompagner ceux qu’on aime. (et les autres) », Colette Roumanoff nous livre une analyse d’« aidante-experte », juste et riche. Dédramatisant la pathologie de son mari défunt, elle enseigne comment vivre « avec » sans perdre sa joie et son entrain car c’est justement par l’humour que la communication avec le patient sera la meilleure. Hypersensibles, ces proches atteints demandent à être rassurés, aimés. L’affection donnée vous la recevez en retour puissance mille…Au fil de la lecture, vous apprendrez les gestes simplissimes pour éviter de belles catastrophes. Evitez par exemple de répondre aux questions répétitives, favorisez l’observation et analysez tout pour trouver la cause du stress.  Au quotidien, il importe de ne pas « franchir la ligne jaune », ne les mettez pas en échec, ne les infantilisez pas, bannissez les gestes brusques, musclez votre patience et votre tolérance. La progression du mal va de pair avec une régression en enfance et un « désapprentissage » inéluctable qu’il nous est parfois compliqué d’autoriser. Mais l’amour doit être plus fort que la peine. Jouissez des contacts encore privilégiés avec eux, car contrairement à d’autres, vous avez l’immense chance de les avoir sur terre (encore là) auprès de vous…

Référence : Roumanoff, C. (2017), Alzheimer. Accompagner ceux qu’on aime (et les autres), Paris : Éditions J’ai lu. 3 euros seulement…

« Amour, turbulences et espace. Le voyage trépidant de deux adolescents. »

Je tombe par hasard sur cet ouvrage dans les affaires de mon compagnon. Le livre a vécu mais le titre m’incite à l’ouvrir : « Les soleils de Bali. », une invitation au voyage dont on manque tant cet été en bon confiné…Ce roman de Danielle Martinigol est une intrigue de science-fiction intéressante dont les héroïnes sont deux adolescents/jeunes adultes. A Bali, secrètement, des chercheurs étudient des plantes transgéniques dans l’optique de bâtir une base sur Mars. Quand l’un des chercheurs, Thierry Pournant disparaît avec des éléments importants, il est soupçonné de trahison. Bourrault, le chef de la Sûreté engage le jeune Méric, passionné de la sauvegarde des découvertes scientifiques pour suivre Albane Pournant, la sœur du fugitif. C’est à Bali que le duo se retrouve embarqué sur les traces du disparu. Ils mènent finalement l’enquête ensemble sur une moto futuriste pilotée par le fougueux enquêteur en herbe. Vers quoi cette aventure les mènera-t-elle ? Thierry est-il coupable ou innocent ? Les péripéties de nos héros nous accrochent au fil de la lecture, mais attention à ne pas perdre le fil. Les nombreux épisodes sèment parfois la confusion dans l’esprit du lecteur. Malgré tout, j’ai pris un bol d’air indonésien qui m’a fait du bien. Avec ce récit, je sors un peu de mes lectures ‘feelgood’ habituelles mais l’irréel me rappelle ma période « Harry Potter. ». Je suis finalement vite retombée dans les émois adolescents en me décentrant d’un quotidien pour l’instant moins apaisant. N’hésitez donc pas à tester…

Référence :

Martinigol, D. (2002), Les soleils de Bali, Vanves : Le Livre de Poche Jeunesse.

« Enfanter, c’est changer…pour le meilleur et pour le pire.»

Bridget Jones, célèbre depuis la parution de son « Journal » en 1998, est la célibataire britannique à laquelle de nombreuses jeunes femmes se sont identifiées durant les années 2000. Un peu boulotte, accumulant les frasques les plus hilarantes les unes que les autres, Bridget, héroïne de roman, est attachante. Quotidiennement aux prises avec ses multiples défis, elle jongle dans ce livre entre son job de productrice, ses amis « célibattants », ses proches « parents » et sa propre vie amoureuse frôlant le néant. Les années passent et après des échecs cuisants, elle se laisse porter…A près de quarante ans, elle finit par retomber dans les filets de ses exs, les éternels rivaux : Mark et Daniel. Après des nuits de folie auprès de chacun d’eux, elle découvre sa future maternité…Mais c’est le doute ? Qui est le père ? J’ai vu les films mais la lecture de l’écrit est prenante, facile et rapide. Je vogue au fil des jours (des heures parfois) dans les méandres de son esprit. Que dire ? Juste que la fin vous réserve des surprises…Les engagements du début seront-ils tenus ? Comme toutes les futures mamans (en devenir réel ou abstrait), les craintes sont grandes de ne pas être à la hauteur mais l’amour porté au « micro-être » grandissant en vous est incommensurable…Une graine de vie amenée à éclore au bout de neuf longs et beaux mois…

Référence :

Fielding, H., (2016), Bridget Jones Baby, Londres : Jonathan Cape, Penguin Random House. Pour la traduction française en 2016 : Editions Albin Michel. Paris.

« Avant d’être deux, il faut être pleinement soi. »

« Cupidon a des ailes en carton » de Raphaëlle Giordano est mon coup de cœur de l’été. J’ai adoré l’histoire de Meredith, cette jeune comédienne pleine de fougue et de questionnements. L’héroïne voulant se réaliser par elle-même affronte ses peurs. Prête à tout pour trouver les clés d’un amour qui dure, elle s’apprête à prendre le risque d’ « assassiner son histoire avec Antoine » (p.56).  Elle ne veut pas réitérer le modèle parental, l’étincelle des premiers baisers, elle veut la conserver. Un jour, elle annonce à son Jules, l’inévitable : s’éloigner de lui pendant 6 mois pour se réaliser.  Antoine réussit brillamment une carrière. Il peut lui offrir le moindre de ses désirs mais accepte la mise en danger de leur conte de fées. Incapable de la lâcher entièrement, il s’assure à distance que les expériences de sa chérie réussissent et qu’elle lui revienne vite. Mauvais calcul…

Embarquée avec Rose, sa complice, Meredith entame donc pour évoluer une tournée. En parallèle, elle travaille son « Love Tour » personnel. Son cheminement vers l’ « amourability » est ponctué de tendres rencontres qui lui permettent de consigner d’abondantes notes dans son carnet. Je suis surprise au fil des pages de la tournure imprévisible du récit. J’aime l’incertitude et Raphaëlle Giordano nous pousse à lire jusqu’au bout. Je ne dévoile donc rien…Sachez que ce livre propose également du contenu intéressant. Il coache notre capacité à ajuster nos comportements pour atteindre une harmonie de couple. L’ « amourability » suppose qu’il nous est possible de « mieux » aimer en modifiant sa relation à soi, à l’autre et au monde…Avant d’être « deux », il faut être en accord avec soi-même. Se connaître et suffisamment se choyer est essentiel. La femme ou l’homme doit trouver un équilibre entre son partenaire, lui-même et son environnement. Nous sommes parfois impatients mais ne luttons pas contre le destin…Tout vient à point à qui sait attendre à condition de croire en soi et de se laisser guider par son intuition.

Un challenge pour moi aussi. Un jour à la fois…

Référence : Giordano, R., (2019), Cupidon a des ailes en carton, Paris : Plon.

« Martine a un papi bizarre »

Voici une petite BD que j’ai découverte avec plaisir en 2019. A l’occasion de la journée mondiale de la maladie d’Alzheimer le 21 septembre dernier, la Ligue Nationale Alzheimer décide de lancer campagne subtile. Si vous êtes parent et que vous êtes amenés à expliquer à votre enfant la maladie, au travers cette histoire courte et facile à conter au coucher, votre bout de chou apprend en découvrant de beaux dessins. La démence n’est pas contagieuse. Cette pathologie transforme l’individu qui parfois régresse à des stades enfantins et oublie des événements importants ou anodins. Appréhender les changements de comportement chez leur proche malade est important pour les petits. Parler, évoquer, expliquer calmement avec des mots adéquats les rassurent et les fait évoluer. Cet outil est également un dispositif pédagogique intéressant. Pour ma part, les aventures de Martine évoquent clairement mon enfance, c’est une collection de supports joliment illustrés qui a longtemps retracé les évolutions sociétales. Le prix de cette édition spéciale (en FR et en NL) vaut également le détour : 6 euros. Site de la campagne : https://tiny-alzheimer.be

Crédit photo : Ligue Nationale Alzheimer et Casterman. Source d’où a été reprise la photo : Schraûwen, J. (5 octobre 2019), Littérature jeunesse : Martine a un papi bizarre – l’enfance confrontée à la maladie d’Alzheimer !, consulté le 3 juillet 2020 sur https://www.rtbf.be/info/medias/detail_litterature-jeunesse-martine-a-un-papi-bizarre-l-enfance-confrontee-a-la-maladie-d-alzheimer?id=10332633

Référence : Delahaye, G., Marlier, M., (2019). Martine a un papi bizarre (édition spéciale), Bruxelles : Casterman avec le soutien de la Loterie Nationale.

Sissi, de Bavière à l’Autriche, de princesse à impératrice…

Récemment, je me replonge avec plaisir dans une lecture de ma jeunesse. Je revois mes bases historiques au travers de l’histoire de Sissi.  A 16 ans, elle devient impératrice d’Autriche, un destin lourd pour une enfant pleine de fougue. Sissi, c’est la vie, la spontanéité, le non-conformisme. Gamine, elle profite en Bavière de l’insouciance de l’enfance. Son père l’encourage à tester de nouvelles activités. Sa mère met souvent des limites mais la petite les brave et n’en fait qu’à sa tête.  Dans ce roman, la narratrice est la veille souveraine qui parle à sa petite-fille curieuse de découvrir l’existence de son aïeule. Monter sur le trône aux côtés de François-Joseph n’est pas une sinécure avec une belle-mère intrusive et des traditions oppressantes. Sissi tente difficilement au fil des années de préserver sa liberté. En véritable locomotive vivante, elle s’évertue à s’échapper en voyages et va à la rencontre de l’altérité. La jeune femme se cultive et aime apprendre. Sympathique, elle fait chavirer les cœurs. Mais les nombreuses obligations de son rang la rendent anxieuse. Elle ne choisit pas ses amis pour leur titre de noblesse. Sans dévoiler la fin ni son destin, je vous laisse libre de partager le temps d’une lecture l’existence de ce symbole, de cette légende qu’est cette impératrice autrichienne. Souvent, elle a bercé mes rêves les plus doux. Au fond, qui n’a jamais voulu revêtir la tenue d’une princesse et vivre un conte de fées ?

Référence :Loiseau, A-F. (2001), Sissi, Liège : Hemma.

Partage de lecture : Un Petit Pays bien meurtri…

C’est écoutant les Belges au bout du monde sur la Première le dimanche matin que j’ai entendu parler du roman Petit Pays de Gaël Faye. En partant de sa propre expérience l’auteur conte la vie de Gabriel 10 ans. Un gamin à priori privilégié qui grandit au Burundi, à Bujumbura avec sa petite sœur Ana, son père expatrié français et sa mère rwandaise. Dans l ‘« impasse », il joue avec sa bande de copains, cueille les mangues, s’en gave et vit simplement, insouciant. Il correspond avec une jeune française à qui il relate ses aventures.

Une enfance dorée jusqu’au jour où ses parents se séparent et où la politique du pays se dégrade. La guerre civile ronge sa contrée, il vit progressivement la peur au ventre dans des quartiers insécurisés. La mort, il commence à la connaître, trop précocement hélas. Une partie de son entourage est ensuite touché par le génocide des Tustis au Rwanda. Sang mêlé, il occupe une position inconfortable, imprécise. Les tueries se succèdent. Pour survivre, Gabriel s’évade ans la littérature. Chaque livre lui permet de quitter un quotidien oppressant. Quand certains hommes en poursuivent d’autres comme du gibier comment garder foi en l’humanité ? Voyant ses proches se détruire, c’est en France qu’il s’exile précocement, par obligation. J’ai apprécié la lecture de l’ouvrage même si je ne le cache pas, elle est dure. L’aspect historique me semble bien retracé et nous vibrons au rythme des conflits. La beauté du début côtoie l’horreur de la fin. Je me sens extrêmement chanceuse d’être une Européenne protégée. A l’écart de carnages comme ceux décrits au travers les lignes de Gaël Faye, je savoure mon existence au quotidien et relativise plus encore les petits bonheurs…

Référence : Faye, G. (2016), Petit pays, Paris : Grasset & Fasquelle.

 

 

Becoming, retour sur le parcours d’une grande dame.

Vous êtes un brin féministe ou vous vous insurgez contre les injustices envers les minorités ?

Ce livre vous comblera. D’abord happée par le documentaire Netflix dédiée à l’ancienne première dame américaine. J’ai acheté la bio de sa vie : Becoming. Michelle grandit au sein d’une tribu aimante dans le sud de Chicago, le « South Side ». Tôt, elle apprend que le racisme est monnaie courante quand on a la peau hâlée. L’infirmité de son père, ne se plaignant jamais, travaillant avec acharnement jusqu’à son dernier souffle la marque. Elle travaille dur dès le départ en quête de reconnaissance, de réussite. C’est avec brio que son parcours l’emmène vers les sommets. Princeton lui ouvre les bras, une fois diplômée c’est d’abord une avocate puis une gestionnaire de projets exigeante que l’on découvre au fil des pages. Maître de stage de son futur mari, elle tombe amoureuse de son protégé, de son style nonchalant mais intelligent.

Il m’a fallu répartir la lecture sur deux semaines pour venir à bout de cette brique de 700 pages. J’y apprends dans les détails la vie dans les coulisses des puissants. Des campagnes où les faits et gestes des candidats sont analysés à la loupe, où les propos sont déformés par méchanceté. La spontanéité est remplacée par la stratégie. Durant huit ans, une politique orientée vers le changement pour « l’humain » est prônée par le couple présidentiel. La jeunesse y occupe une place prépondérante ainsi que les oubliés du système. Michelle Obama est une femme de conviction qui mène de front au quotidien sa vie professionnelle et personnelle. Ses filles demeurent au centre de tout, le trésor qu’il convient de choyer malgré la difficulté. C’est en ressourçant auprès d’un solide noyau de proches, ancrée dans ses racines, fière de ses origines qu’elle m’inspire le plus grand respect. Paru en poche, le livre vaut le détour, empressez-vous de vous le procurer ou pour les moins fans du papier, optez pour la version digitale de Becoming sur Netflix…

Référence :

Obama, M. (2018), Becoming,  New York : Crown.

 

Un vieux con moi ? Jamais !

Présentation d’une trouvaille pour ne pas devenir blasé :

Larrouy, S.M., Mosser, V (2016), Comment ne pas devenir un vieux con : Guide et entretiens autour d’un mal qui nous guette tous. Vanves : Hachette Livre (Marabout).

On le pense fort avant trente ans ou légèrement après…Non, nous ne deviendrons jamais des chieurs compulsifs, des empêcheurs de tourner en rond. On vaut bien mieux que cela pardi ! Ai-je pensé séduire les petits jeunes de 20 ans traînant en bande à fumer des pétards dans le parking d’en face ? Vous déconnez ! Je suis cette trentenaire en couple responsable qui rit spontanément des blagues de ses congénères, qui maîtrise les réseaux sociaux et qui s’amuse en dansant sur les tables…Bon OK, avouons Tik Tok ça m’échappe encore et  les dancings jusque pas d’heure même si on « déconfine » j’y ai renoncé depuis des années…Je ne tiens plus le rythme, ni des heures à me déchaîner sur la piste. En lisant cet ouvrage, on apprend les bons comportements vis-à-vis de notre jeunesse actuelle. Ne les méprisons pas, on était au moins pareils à leur âge ! Je faisais la choré déjantée devant ma TV du Gangmam style et je kiffais grave ! (vous voyez, j’ai encore un vocabulaire jeune hihi !!!). La date de péremption, elle est donc dans la tête ! Les interviewés célèbres du bouquin le confirment. Je vous conseille cette lecture désopilante pour relativiser et admettre notre état désormais définitif d’adulte responsable. Sauf si vous optez pour le suicide, les anniversaires continueront à s’accumuler. Le plus simple est de ne pas accepter cette décrépitude inéluctable et de rester connecté. C’est de la sagesse qu’on vous enviera !

 

Pourquoi faut-il lire une fois dans sa vie, La Peste d’Albert Camus ?

Les fans de lecture vous le diront, cet ouvrage est un incontournable, surtout par les temps qui courent. L’histoire ? Une petite ville d’Algérie, Oran est touchée par la peste. La mort semble inévitable pour les habitants. Oran est confinée, la situation sanitaire exceptionnelle l’oblige. Nous sommes dans les années 40. Parmi les personnages marquants, un médecin le docteur Rieux. Courageux, il s’entoure d’hommes de foi pour combattre le mal. Ils sont prêts à tout pour sauver qui peut l’être. Du mal en confinement, il y en a. Certains individus cruels profitent de la maladie pour s’enrichir. Résister au fléau anime les vrais héros. Agir envers et contre tout, se serrer les coudes contre la mort et la souffrance est leur leitmotiv. Le livre est riche en détails, âmes sensibles s’abstenir…Les thèmes de la séparation et de l’enfermement sont bien présents. Mais la clé, c’est aimer, espérer et œuvrer de concert pour surmonter la crise. J’y trouve le récit de ce que nous avons vécu ces derniers mois. Je souligne, la force avec laquelle, les citoyens ont travaillé d’arrache-pied pour confectionner du matériel aux soignants et pour préparer le déconfinement. Coupés de nos proches, isolés mais en communion virtuelle, les essentiels pour une vie en communauté me semblent préservés. Je pointe comme souvent le positif, car si on se focalise dessus, il rayonne. Moi je dis juste MERCI à notre humanité d’avoir persévéré. Et si c’est un prix Nobel comme Camus qui décrivait déjà dans un roman la nécessité de s’élever en bloc contre la fatalité, le simple quidam qui prend de la hauteur peut se rendre compte que vivre ses émotions, s’ouvrir à l’altérité nous enrichit et nous rend plus fort. Ce n’est pas écraser et être le meilleur qui fera de vous un être puissant, mais c’est votre capacité à aider simplement sans attendre rien en retour qui témoignera d’une grande aura…

Petite note aux internautes : ma caricature d’un Albert Camus vieilli pour cet article, c’est voulu :).

Référence : Camus, A. (1972). La Peste. Paris : Gallimard.

Un Musso à la Une : La vie secrète des écrivains

Je vous présente ici une de mes dernières lectures :

Musso, G. (2019). La vie secrète des écrivains. Paris : Calmann Levy.

Après La Jeune fille et la Nuit, j’ai acheté l’un des derniers romans de Musso. Facile à lire comme les précédents, j’ai dévoré La vie secrète des écrivains  en deux jours et demi. Acheté samedi à la Librairie Antigone, lundi soir c’était une « affaire conclue ». Personnellement, j’ai déjà été plus enthousiasmée par les écrits de l’écrivain. L’intrigue est bien ficelée, on ne s’attend pas aux rebondissements mais je trouve que certains personnages du début sont délaissés à la fin. C’est l’écrivain Nathan Fawles qui est au cœur de l’histoire. Qu’est-il devenu après des ouvrages à succès ? Pourquoi a-t-il cessé d’écrire ? Lui qui abreuvait de ses textes un nombre incalculable de lecteurs. C’est ce que Mathide Monney, journaliste suisse va tenter de découvrir en se rendant sur l’île de Beaumont. Mais qui est-elle en réalité ? Quand certaines zones de la vie troublée du héros s’éclaircissent, les ombres reviennent. Le lecteur est bousculé, transporté et navigue dans un récit tumultueux, parfois un peu trop…Certaines « découvertes » paraissent très irréelles, voire peu probables. Je sais que l’on est dans un roman mais les rebondissements sont parfois exagérés. Je suis déçue du manque de finesse de quelques passages vite expédiés. Il me manque la suite à certains épisodes. J’ai une impression de multiples fins avortées. Je ne les citerai pas ici pour ne pas vous en priver pendant la lecture…On ne peut pas tout traiter certes, mais alors peut-être aurait-il fallu faire des choix ? Un point que j’ai particulièrement apprécié est l’épilogue, surprenant. Sur ce, à vos livres, prêt, partez !

 

Une lecture pour oser tout quitter, Virginie Grimaldi (2019), Il est grand temps de rallumer les étoiles au Livre de Poche.

Avec ‘Tu comprendras quand tu seras plus grande’, je débute dans les lectures de Virginie Grimaldi. Dans Il est grand temps de rallumer les étoiles, on pénètre un autre univers. Celui d’une jeune mère épuisée de deux ados aux profils différents. Anna, la maman jongle avec un job dans un restau tout juste rémunérateur et l’éducation en solo de filles. Mathias, son ex, le père habite loin et c’est tant mieux… La première c’est, Chloé l’adolescente 17 ans surdouée. Elle se questionne sur l’amour, excelle en écriture mais est persuadée qu’il faut donner (de son corps) pour être aimée des garçons. Accumulant les déceptions, elle part à la dérive. Lily 12 ans est timide, renfermée, raillée en cours. Son rat deviendra son meilleur ami. Avec ses revenus, Anna peine à tout combiner et est endettée. Pour l’huissier, il faut à présent payer. Pour s’en libérer, elle accepte un licenciement à l’amiable de son patron. Mais rembourser est-ce vraiment le moment ? N’est-il pas temps « d’aller rallumer les étoiles » ? Pour éviter le naufrage familial, sur les conseils de sa grand-mère, elle quitte tout avec sa tribu. Le projet ? Une expédition improvisée en Scandinavie en camping-car avec peut-être à la clé, des liens renoués…Anna et ses filles font de nouvelles connaissances, hilarantes. Cette histoire vous transporte, je me suis évadée et régalée. Les paysages dépeints donnent envie mais ce que le lecteur suit avant tout, ce sont les péripéties communes des nouveaux personnages chaleureusement décrits par Grimaldi. Si certains sont clichés, la tendresse reste très présente. La chute est, elle un peu déconcertante. Je ne vous en dis pas plus, à vous de jouer…Allez l’acheter cette petite perle d’écriture !