Mes Loisirs

Qui est qui ? L’écrivain, maître de son chef-d’œuvre ou marionnette de ses personnages ?

Je n’avais pas accroché à la Vie secrète des écrivains paru en 2019, le roman m’avait déçu. Je n’ai par contre pas lâché celui-ci. Dans La vie est un roman, notre premier narrateur est Flora Conway, une auteure américaine à succès dont la fille de trois ans disparaît mystérieusement dans son propre appartement. Affaire insoluble, Flora découvre qu’elle est en réalité le pantin d’un autre écrivain : Romain Ozorski, habitant à Paris, dont le fils Théo est sur le point d’être embarqué par sa mère en Amérique. Les deux héros sont déchirés par la perte avérée ou future de leur tendre progéniture. Point commun mais différence de sexe, ils dialoguent quand Romain se projette en transe dans son univers imaginaire. Musso questionne sans cesse la capacité du lecteur à s’y retrouver dans un récit complexe, sommes-nous dans la réalité ? dans la fiction ? Oui, mais la fiction de quel auteur ? Qui est la marionnette de qui ? C’est au fil des pages que les similitudes et les révélations apparaissent. Je me délecte de la capacité unique de Musso à créer des rebondissements étourdissants dans une histoire qui aurait pu m’ennuyer. Quand on croit savoir, on en apprend encore…Bref, mettez votre ceinture de sécurité, accrochez-vous le voyage vous promet des surprises…Un cadeau littéraire à offrir ou se faire offrir en cette fin d’année !

Référence : Musso, G. (2020), La vie est un roman, Paris : Calmann-Levy.

Amours coupables et triangle compliqué

Joël Dicker, dans son dernier roman nous emmène dans un écrit original à la fois dédié à son éditeur défunt et à ses fidèles lecteurs. Il nous dévoile les dessous d’un processus d’écriture, le sien ou celui du Joël Dicker fictif avec lequel il démarre. L’histoire évolue avec les investigations du narrateur écrivain. Ne prenez rien pour acquis, la chute vous promet des surprises. C’est en Suisse que se déroule l’intrigue, dans les Alpes. L’écrivain (personnage) séjourne dans un hôtel pour y prendre des vacances et déconnecter, il y rencontre une jeune femme qui le pousse à prendre les rênes d’une enquête, celle du meurtre de la chambre 622. Cette pièce dont le numéro a changé pour éviter les questions est le point de départ des recherches avec Scarlett. Au fil des pages, nous découvrons divers personnages : Macaire Ebezner, héritier d’une grande banque et potentiellement son futur président, Anastasia sa femme et Lev Levovitch son ami mais concurrent direct tant en amour qu’en affaires. Leur trio est prenant, et leurs histoires de vie est distillée à mesure que l’histoire avance. Je me délecte à chaque fois de résoudre une petite part du mystère quand une autre question apparaît. Arrivée au milieu, je m’ennuie et veux poursuivre plus rapidement. C’est la fin, l’apothéose à laquelle je ne m’attendais pas du tout. Je n’ai donc pas aimé du début jusqu’à la fin mais j’ai apprécié tant l’envol que l’atterrissage. Il faut reconnaître à Dicker qu’il maîtrise un style hors du commun et que mon imaginaire s’est bel et bien projeté à Verbier et à Genève avec un intermède à Corfou.  Je le recommande si vous êtes persévérant en lecture. Un conseil également : n’abandonnez pas en cours de route, sinon raccrocher risque d’être compliqué. Prochaine étape : la commande chez vos libraires de proximité de préférence !

Référence : Dicker, J. (2020), L’énigme de la chambre 622, Paris : De Fallois.

Profitez, profitez de chaque instant…comme si c’était le dernier…

Émue, bouleversée, secouée, voilà comment résumer mon état après la lecture de ce livre de poche glané dans une boîte à livres près de chez moi. Comme toujours, les lectures me choisissent, c’est un hasard mais jamais une déception. Agnès Ledig, anciennement sage-femme qui se lance dans l’écriture nous dépeint avec brio et bienveillance l’histoire de Julie, la vingtaine, caissière et maman solo de Ludovic, petit bout de chou haut comme trois pommes. Sa vie est morne et ses moyens financiers réduits. Un jour, un client, Paul s’éprend d’elle, pas amoureusement mais affectivement. Il l’invite au restau, puis en vacances en Bretagne. Célibataire, sa femme l’a quitté, il est perdu dans sa nouvelle vie. Est-ce ce néant, ce trou béant qui le pousse à proposer des vacances improvisées à son fils généraliste et à cette parfaite inconnue ? Il l’ignore, mais il a une carte à jouer, celle de l’imprévu, de la vie. Le quatuor, 3 adultes et un enfant s’apprivoisent au fil des semaines. Au retour, transformés, tout devait bien se passer et là boum, carambolage, accident grave. Leur destin est scellé, bouleversé. Si l’histoire est lisse au départ, avec des héros du quotidien en mal d’amour, elle s’accélère d’un coup, s’intensifie et prend le lecteur aux tripes. J’ai craint le pire et j’ai vécu le meilleur au fil des pages. En somme, je ne regrette jamais le voyage. J’ai pleuré dans mon lit comme une enfant. J’ai vibré et été subjuguée par la force d’une mère confrontée à un destin tragique. Pour vous recentrer et encore davantage savourer les fragments de votre quotidien, foncez sur ce livre. Une sublime leçon de vie…

Référence : Ledig, A. (2014), Juste avant le bonheur, Paris : Pocket.

 

 

Réflexion : ne tuons pas les identités…Et si le secret, c’était d’accepter sa multiplicité ?

Libanais d’origine, Amin Maalouf nous confie dans Les identités meurtrières son analyse de l’identité. Avec peu de jargon et le rappel de notions sociologiques nécessaires, cet essai se lit facilement. Il est à la portée d’adolescents comme des parents qui se questionnent sur le vivre-ensemble et sur ce qu’ils souhaitent transmettre aux prochaines générations. Commettre des crimes au nom de son identité n’est pas tolérable, encore faut-il savoir de quelle identité nous parlons. Pour certains, il s’agira de la classe, de la religion, de la nation. Si l’on limite la vision de l’identité à la religion, le risque de dérive est présent. Amin Maalouf est un libanais chrétien qui parle arabe, paradoxal me direz-vous ? Oui et pourquoi pas ? C’est nous qui maintenons la confusion entre religion et nationalité. Voyons plutôt l’identité comme un patchwork d’appartenances. Quand elle se résume à une seule c’est là, où elle peut devenir meurtrière… Les thématiques du pays d’origine, des religions (et leurs histoires), de la mondialisation et la langue m’ont particulièrement intéressées.

D’un point de vue historique, l’Islam avant, était tolérant mais au cours de l’Histoire, l’Occident a évolué en écrasant avec le christianisme les autres civilisations. Empêchés de rejoindre la « modernité », l’Orient a souffert et la population arabe s’est mise à écouter le radicalisme religieux. À partir des années 70, on assiste à une augmentation des voiles et des barbes chez les hommes. Quand on relie l’islamisme politique, antimodernisme et antioccidental à l’expression des peuples arabes, c’est un raccourci.  L’Occident a été méprisant générant des réactions néfastes. À l’heure de la mondialisation, il importe plus encore d’être tolérant avec l’ « Autre » qui qu’il soit…Attention malgré tout à l’uniformisme extrême et à l’appauvrissement de notre culture. Les séries TV, les musiques ne doivent pas être dominées par les Anglo-saxons. Respectons et valorisons chaque langue, reconnaissons l’apport de tous les peuples. Comme Maalouf le rappelle, si nous sauvons les pandas pourquoi pas les dialectes ?  Autorisons les symboles à exister. Le monde est grand et change rapidement, nous avons peur et nous avons besoin d’affirmer une identité. Il faut des efforts communs pour une intégration de communautés multiples réussie. Surtout ne jamais désespérer, l’époque que nous vivons est une fantastique ère d’ouverture, à nous de garder nos racines pour nous garantir un ancrage en tolérant ceux des autres. On peut trouver dans le monde des ressources farfelues. Si on fait en sorte de ne pas s’« exclure », c’est la voie d’un vivre-ensemble équilibré.

Référence : Maalouf, A. (1998), Les identités meurtrières, Paris : Grasset.

 

Lettres à ma tendre aïeule

Dans ce roman hors du commun, Virginie Grimaldi nous propose une compilation de courriers rédigés au fil des mois à sa mamie. Le lecteur y découvre entre autres, les paysages de la superbe île de Ré. L’auteur nous livre avec authenticité le récit de ses journées bien remplies d’écrivain et maman en vacances ou au boulot (en pleine promo). L’ennui y est, on s’en doute, rarement au menu. C’est un ramassis agréable d’anecdotes hilarantes. Mon conseil : ne lisez pas tout d’une traite car c’est un peu indigeste. Vous risquez l’overdose humoristique. Grimaldi qui ne « ronfle » pas mais qui « ronronne » nous déculpabilise et c’est là, l’apport d’une telle lecture. Au fil des pages, on sent son attachement pour sa grand-mère, lien qui donne envie. La vente de cet opus est reversée à une association française aidant les services pédiatriques qui embellissent la vie d’enfants hospitalisés. Un noble cause soutenue qui me touche. Au prix modique de 5 euros, Chère Mamie est abordable et recommandé si vous déprimez en cette période automnale.

Référence : Grimaldi, V. (2018), Chère Mamie, Paris : Fayard/Le Livre de Poche.

Se battre pour « se faire appeler »…

Christina vit en Belgique mais ses parents sont étrangers. Dans ce livre paru en 2008, nous revivons l’enfance d’une enfant dont le père marocain lutte pour avoir la nationalité belge. Dans les méandres de l’administration, l’homme se bat pour se faire appeler « Sam » et offrir à sa fille une vie « normale ». La tribu maternelle de Christina vient d’Espagne, cette douce contrée embaumée par les fleurs d’oranger. Travailleur et croyant, « Sam » respecte aussi la chrétienté, s’y initie et poursuit au fil des années une intégration périlleuse vu la complexité de notre système. Dans ce roman touchant (et court, 72 pages !), la petite héroïne voit les sacrifices parentaux mais baigne aussi dans l’ambiance chaleureuse du « Sud » en restant en Belgique. Avec les années, elle deviendra médecin, vivra en Espagne et épousera un Tchéchène. C’est parce qu’un jour elle reçoit le testament de son papa emporté trop tôt par un cancer du poumon qu’elle revient au Maroc sur les traces de ses ancêtres. Si j’hésitais à entamer la lecture du roman, moi qui préfère les comédies joyeuses, j’ai vite voulu connaître la suite. Je l’avoue, j’ai pleuré face à l’humilité avec laquelle son père musulman a traversé les épreuves. Pas un seul instant, il n’a jugé l’altérité, il s’est ouvert en bienveillance aux croyances externes en encourageant sa fille à l’imiter. Loin des images négatives véhiculées par les médias, cette histoire poignante rappelle combien il est important de ne pas stigmatiser des communautés mais d’apprendre à les connaître. Osez rencontrer la diversité, vous n’en serez que transformé…

Référence : Belize, I. A. (2008), Appelez-moi Sam, Namur : averbode.

 

 

Quand notre passé nous fait rencontrer l’amour…

Béatrice Courtot dans ce roman récompensé par le prix du livre romantique en 2019 nous emmène à Majorque dans la vallée des oranges. L’histoire démarre en 2016, lorsque des travaux de rénovation d’un hôtel à Marseille permettent de retrouver une vieille boîte. Banal me direz-vous ? Effectivement…Sauf ici. Il s’agit du point de départ de découvertes palpitantes pour Anaïs, la petite fille de Magdalena à qui appartenait ce récipient anodin. Contactée suite à la trouvaille du coffret, la jeune Française qui dirige la célèbre pâtisserie héritée de sa grand-mère part sur les traces du passé de son aïeule à Majorque…Ce retour inattendu vers ses racines perturbe notre héroïne qui, intriguée cherche à assembler des bribes d’un passé bien caché. Ce voyage inopiné vers le soleil serait-il l’occasion pour la belle de s’éloigner du tumulte citadin et de rencontrer l’amour ? C’est dans une atmosphère briochée que je savoure avec envie cet ouvrage. Sans être exagérément fleur bleue, l’écrivaine nous emporte en retraçant avec fidélité l’histoire de l’île marquée par un passé historique tragique mais riche humainement. Les questions s’enchaînent et les dénouements sont subtilement distillés. Je vous recommande ce livre de poche bon marché et facilement accessible. Une déconnexion aux saveurs du Sud…

Référence : Courtot, C. (2019), La Vallée des oranges, Paris : Pocket.

 

 

Pensez différemment et transformez votre vie…

Quand on agit sur ses pensées en les positivant, on devient acteur de sa vie. Par la même occasion, on entretient une meilleure santé mentale et physique. En négligeant, son corps ou son esprit, nous faisons capoter l’ensemble. Louise L. Hay est la chef de file du mouvement dit « New Age ». Décédée en 2017, ses écrits continuent à circuler. J’ai lu l’ouvrage, Transformez votre vie. Une pensée positive peut changer votre vie par curiosité et je me suis prise au jeu des exercices successifs.

Le changement nécessite du temps, des sacrifices et beaucoup de patience. C’est avec amour que l’on doit se regarder, c’est avec courage que l’on doit se délester des poids du passé et c’est avec persévérance que l’on doit avancer. Les échecs sont des apprentissages et les maladies/problèmes physiques des probables symptômes de problèmes sous-jacents. Par la pensée, nous pouvons soulager nos maux.

Malgré le propos intéressant de l’auteur dont le ton est motivant. Le listing des correspondances « bobos » et blocages intérieurs me paraît parfois réducteur. Si j’ai le cancer, c’est probablement dû à un ressentiment…Si j’ai mal là, c’est parce que je pense cela…Tout n’est pas si simple et automatique, fort heureusement. Il convient de manier avec prudence le répertoire des « observations » de consultation de Louise Hay. Y croire naïvement sans le questionner peut s’avérer dangereux. Je prône toujours une lecture « critique » des manuels de développement personnel, chacun prêche pour sa paroisse…L’Église est d’ailleurs particulièrement présente dans l’écrit.

Pour une personne qui a déjà fait un cheminement (ou qui est bien avancée), le bouquin apporte/rappelle énormément de belles choses. L’autrice nous remet au centre de notre existence et nous pousse réellement à nous libérer des chaînes du passé. Je me suis sentie dynamisée par la lecture et davantage en confiance avec moi et avec la vie. Je pense que j’apprécie surtout l’emploi de mots chaleureux, joyeux. Les textes sont simples et accessibles au lecteur lambda. Idéal pour démarrer mais ne vous sentez pas forcé de tout appliquer… Préparez-vous aussi au style décontracté et sans tabou de la consultante. La sexualité est pour elle un élément essentiel à l’épanouissement qui nous permet de soulager bien des tracas, je la rejoins sur ce point.

Référence :

Hay, L. L. (2008), Transformez votre vie. Une pensée positive peut changer votre vie, Vanves : Marabout.

A-t-on droit à une seconde chance ? Et Dieu dans tout ça ?

Sauve-moi est l’un des premiers ouvrages de Musso. Fan inconditionnelle, j’accroche plus à ses premiers romans qu’à ses dernières parutions. Dans cet opus, nous sommes sans cesse dans l’inattendu. Sam, beau médecin new-yorkais a perdu sa femme depuis peu et ne se remet pas de son suicide, elle qui attendait leur premier enfant, pourquoi ce geste ? Puis le hasard le met sur le chemin de Juliette, comédienne française désespérée, désillusionnée qui rentre au bercail sans être parvenue à percer aux USA. Ces derniers moments sur le sol américain, elle décide de les vivre en endossant l’apparence de sa colocataire avocate. Enfilant ses vêtements, elle croise Sam qui manque de l’écraser au volant de son bolide. Épuisé, il a failli commettre l’irréparable…Contre toute attente, ils terminent leur rencontre en apothéose. Autour d’un verre, ils se mentent sur leurs vies et se séduisent. Leur histoire peut-elle durer ? Convaincus du caractère éphémère de leur idylle, ils persévèrent passionnément, qu’ont-ils à perdre ? Au moment de rentrer chez elle, la Française choisissant de manquer son vol est sauvée d’un crash aérien, quelle chance…Mais l’au-delà lui permettra-t-il de rester sur terre ? Si oui, à quel prix ? Musso nous emmène après des débuts « normaux » dans une intrigue bien ficelée où je me perds en conjectures et où je me délecte des rebondissements fortuits. Si vous aimez les histoires compliquées avec les choix faciles, cette lecture ne sera pas votre tasse de thé. Si vous appréciez les questionnements existentiels et la beauté des « non » – réponses, vous serez ravi du talent de l’écrivain. Pour ma part, comme toujours, j’en retiens le CARPE DIEM. Vivons à fond nos émotions, nos moments présents même les plus infimes car ils sont les plus beaux souvenirs à emporter au paradis…S’il existe…

Référence : Musso, G. (2005), Sauve-moi, Paris : XO Éditions.

 

La retraite, repos du travailleur ou enfer de l’hyperactif ?

Je vous présente « La cerise sur le gâteau » d’Aurélie Valognes, un roman léger à découvrir en cette fin d’été. Comme à mon habitude, j’attends la sortie en version poche pour me l’offrir. Aurélie Valognes est une des autrices que j’ai découverte en 2019. Malgré les critiques mitigées de cet ouvrage, j’entame la lecture du roman enthousiaste. Bernard et Brigitte sont un couple d’une soixantaine d’années qui s’apprête à vivre « ensemble » à la retraite. C’est une cohabitation forcée qui s’annonce pour Bernard. Impossible pour un manager comme lui de se résoudre à quitter les réunions interminables et les challenges des nouveaux projets de sa boîte. Fier de son ascension, il consacre durant sa carrière peu de temps à son fils Nicolas et à ses petits enfants, Paul et Charlotte. Le contraire de Brigitte qui pensionnée s’empresse de savourer sa liberté retrouvée. Ancienne enseignante, c’est auprès des aînés dans les maisons de repos qu’elle s’active. Quand le jour J, de la mise à l’arrêt de son mari arrive, tout le monde redoute sa réaction, ses nouvelles occupations…Évidemment comme passer « du tout au rien » après une vie à cent à l’heure ? Aurélie Valognes nous décrit ce passage nécessaire avec humour. Nous observons Bernard muer en super-héros écolo d’un nouveau genre pour son petit-fils. Mais son attrait sans limite pour sa cause ne va-t-il pas nuire à sa vie de couple ? Comme notre héros gérera-t-il une vie où les objectifs à atteindre ne sont pas forcément tangibles mais relèvent du coeur ? Parviendra-t-il à comprendre ce que le vrai bonheur signifie ? Pour tous ceux qui craignent la fin d’une existence professionnelle et l’entrée méritée au repos béni du guerrier salarié, se confronter au cheminement de Bernard peut s’avérer inspirant. Pour ma part, depuis quelques années déjà, j’ai renoncé à « grimper » dans la société car ce n’est pas là, pour moi, qu’on y reçoit le plus beau des trophées…

Référence : Valognes, A.(2019), La cerise sur le gâteau, Paris : Fayard/Mazarine.

« Vivre sans hommes, mythe ou réalité ? »

C’est le questionnement lancé par Karine Lambert dans son livre : « L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes ». Giuseppina, Carla, Lucette (La Reine), Simone et Rosalie vivent ensemble dans un immeuble parisien. Chacune pour des raisons diverses a renoncé au sexe opposé. Quand Juliette, une petite nouvelle vient remplacer temporairement Carla partie en voyage, c’est toute la petite tribu qui est bouleversée. La jeune femme ne compte pas abandonner l’amour…Certes, elle en souffre parfois mais en rêve aussi, souvent. Les jugements parfois radicaux de ses comparses interdisant aux hommes de franchir l’entrée l’interpellent. Mais sont-ils si nocifs, nos tendres moitiés ? Au fil du récit, Juliette accumule les rencontres décevantes et finit par désespérer. Ses ainées ont-elles raison ? Lassée, elle profite de ce nouveau lieu de vie, s’accommode des dimanches pantouflards et des discussions entre filles. Oubliera-t-elle définitivement ses espoirs d’une vie à deux épanouissante ? Vous le découvrirez en lisant…J’ai aimé la légèreté de l’ouvrage, l’auteur nous dépeint des portraits réalistes de femmes modernes. Dépitées face à un mâle dur à dompter ou peu respectueux, elles vivent en solitaire ou en groupe. Ce qui compte c’est la solidarité face à l’adversité. Si bannir la vie de couple est un comportement extrémiste, la solitude et l’isolement peut faire du bien et nous permettre une meilleure fusion avec notre partenaire. Et puis la vie n’est jamais un long fleuve tranquille ! Le principal c’est d’être heureuse, peu importe le mode de vie choisi…

Référence : Lambert, K. (2015), L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes, Paris : Le Livre de Poche.

« Le plus bel endroit du monde est ici… <3 » de Frances Miralles et Care Santos.

Cette découverte littéraire, je l’ai faite grâce à une boite à livres à proximité de mon domicile. Je me balade souvent pour m’aérer et je glane de l’inspiration pour mes écrits ou mes productions artistiques. Cet ouvrage nous relate l’histoire apparemment banale d’une trentenaire mal dans sa peau. Iris, 36 ans, vient de perdre ses parents et vit seule dans leur appartement. Déprimée, elle erre dans le passé, sort peu et les amis sont rares. Désespérée et sur le point de commettre l’irréparable, vous le lirez, elle est sauvée par le destin. Sonnée, elle pénètre dans un café inattendu : « Le plus bel endroit du monde est ici… ».  Le tenancier est présenté comme un magicien et les habitués l’intriguent, elle ne reconnaît personne. Malgré l’atmosphère originale du lieu, elle y revient régulièrement par la suite. Elle y rencontre Luca, ce bel étalon italien, plus que mystérieux. Impénétrable, il lui distille des leçons de vie à chaque rendez-vous. Amoureuse, elle s’imagine aux côtés d’un homme galant hors du temps. Mais est-il réellement celui qu’il prétend ? Et si les anges existaient pour vous permettre de vous délier du passé ? Est-ce bien la réalité ou son quotidien n’est-il que fiction ? De belles surprises vous attendent page après page. Dubitative au début, je suis envahie d’émotions à la fin, surprise par le destin…

Référence : Miralles, F., Santos, C. (2008, 2010 pour la traduction FR), Le plus bel endroit du monde est ici, Paris : Fleuve Noir (depuis 2012, Fleuves Éditions).